Et en plus il y a la pluie tout le temps,
même quand on est encore début d’avril et ce n’est pas froid du tout, et les
gens me demandent ce que je fais ici et je ne sais pas bien répondre car
moi-même je me sens un étrangère dans cette ville où je suis né une trentaine
d’année auparavant mais qui garde encore cet air provincial, sans que jamais se
puisse savoir la vérité gardé à tous ce gens perdues au hasard, dans un monde
sans point final, sans arrête, un monde si petit à la fois que je peux le
dépasser par voiture dans deux heures de route et qu’au lien d’arriver à une
autre pays on a l’impression toujours d’arriver à notre point de départ, et
soudain il faut se demander sur l’avenir de tout ça, ce tout ça qui est résumé
à une envie de manger, quelque ce sois, pour comprendre d’une façon à peu près
correct qu’on a eu tort depuis le commencement, depuis la dernière pluie,
depuis le dernier dimanche gaspillé en train d’aider le monsieur du bois à
ranger ces affaires, celles affaires qui n’ont jamais été rangé et qui même
bien rangés seront toujours celles affaires, rien d’autre, et soudain on se
rappelle que le monde ailleurs roule si vite que nous laisse chaque fois plus loin,
tellement loin qu’il faut toujours surveiller la boite aux lettres, fréquemment
plain du vide, c’est vide qui est parmi tout, moi et toi, et aussi dans l’idée
général d’un texte comme ça, écrit tout d’un coup, comme un battement de cœur,
sans rien de spécial et plain des fautes grammaticaux qui doivent donner un
certain l’air imbécile en plus à n’import quel être vivant qui essaie d’écrire
une langue si particulière, si carré en ses sons, si jaunis (le jaune qui
toujours m’avait rendu heureux), d’ailleurs, je n’ai jamais essayé de traduire
"je suis bouleversé" malgré je sache le sentiment qui vient avec ça –
mesdames et messieurs, et si un jour on était obligé d’y aller au dictionnaire
pour bien traduire ce qu’on sent, et si, en ce même instant, au lieu d’un
sandwich à la mortadelle on avait décidé d’y prendre un croissant à la
fois, serait-il notre monde le même toujours?
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